Délais de paiement : le duel France/Allemagne

Le couple franco-allemand fait couler beaucoup d’encre. Politique, économie, santé… les comparaisons vont bon train entre les deux puissances européennes. Mais, s’il y a bien une compétition qui semble gagner d’avance par l’Allemagne, c’est celle de la gestion des délais de paiement. Pourtant, la France n’a pas dit son dernier mot.

En termes de délais de paiement, les Allemands ont toujours fait partie des bons élèves européens (cf. graphique). S’agissant des paiements avant échéance, elle devance même la France de plus de 20% avec 65,3% des factures payées à temps. Si la France dépasse de peu les 45%, elle se situe tout à fait dans la moyenne européenne de 42,8% et suit la même tendance générale.

D’ailleurs, en regardant de plus près les tendances, là où la France voit sa situation s’améliorer entre 2018 et 2019, l’Allemagne au contraire voit son taux de paiement à échéance diminuer de 1,8%, tandis que les paiements 0-90 jours sont en augmentation. Concernant les paiements >90 jours, les chiffres varient peu de part et d’autre, même si c’est toujours l’Allemagne qui tire son épingle du jeu avec 0,6% contre 3,2% en France. Si la France est encore loin des performances allemandes, il semble que l’écart avec son voisin se réduise peu à peu.

En zoomant sur les tailles d’entreprises, on observe un phénomène assez intéressant dans les deux pays : plus les entreprises sont grandes, plus le respect des délais de paiement se détériore. Il faut toutefois nuancer ce constat en ajoutant que la moyenne des délais est largement en faveur de l’Allemagne (40,8% des grandes entreprises respectent les délais de paiement contre 69,7% des micro-entreprises) malgré un écart équivalent en France selon la taille de la société (15,4% des grandes entreprises respectent les délais de paiement contre 54,1% des micro-entreprises).

Enfin, en termes de secteurs d’activité, en France, les bons payeurs sont la construction (58,8% de paiement à échéance) et le secteur agricole (54,6%). C’est la même chose en Allemagne (respectivement 70,7% et 71,4%). Les mauvais payeurs en France sont l’industrie minière (26,6%) et les transports (32,2%). On retrouve également les transports (52,4%) en queue de peloton en Allemagne ainsi que l’industrie manufacturière (60,3%).

Si l’on justifie souvent ces chiffres par des motifs culturels, l’Allemagne possède certainement d’autres atouts (gestion des contrats, organisation du poste clients, méthodologie de recouvrement…) qui pourraient être une source d’inspiration pour les entreprises françaises afin d’optimiser leur process Order to Cash. Cela dit, il est à noter que l’Allemagne n’est pas le seul pays européen à tirer son épingle du jeu. Si elle fait partie du Top 5, le podium est occupé par le Danemark (86,9% de paiements avant échéance), la Pologne (78,7%) et les Pays-Bas (69,2%). Le Portugal est quant à lui bon dernier avec 16,4%.

Pour conclure, il sera intéressant d’observer les évolutions des comportements des entreprises au sujet des délais de paiement sur l’année 2020. Mais la comparaison avec les années précédentes sera difficile dans un contexte sanitaire inédit qui a entraîné de nombreuses difficultés pour les entreprises quelles que soient leur nationalité, leur taille et leur secteur d’activité.

Manon FOUQUET, Manager Ashtone

Source : Altarès, Payment Study 2020

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